Philippe ESNOL quitte le PS pour le PRG

PS-PRGAinsi, Philippe ESNOL, sénateur-maire de Conflans Sainte Honorine, quitte le parti de la rue de Solferino (le Parti Socialiste) pour celui de la rue Duroc (le Parti Radical de Gauche). La décision du protégé de Manuel VALLS (à qui il doit son ascension au sein du PS) n’occulte pas la proximité géographique des rues Duroc et Solferino (toutes deux dans le 7ème arrondissement) faisant écho à leur proximité politique…

Pariant, comme son mentor politique, sur une droitisation pérenne de la société française, Philippe ESNOL quitte la structure qui l’a fait politiquement et mise sur l’ascension médiatique du ministre de l’Intérieur, dont la triste trajectoire ne déplait ni à l’UMP, ni au FN, leurs thèses d’un « ennemi de l’intérieur » (tantôt musulman, tantôt Rom) s’en trouvant confortées.

Pointons à présent les contradictions entre les votes du sénateur ESNOL et les conséquences locales de ceux-ci, que déplore le maire ESNOL.

« Je suis consterné par les arbitrages rendus pour notre territoire. » Il est vrai que la politique d’austérité résultant du budget 2013 n’a rien à voir là dedans… Budget voté par M. ESNOL le 28 novembre 2012, comprenant déjà une diminution des dotations de l’État aux collectivités locale, réduction que déplore désormais l’ex-adhérent du PS.

«[…] aucun progrès réel dans la réduction des nuisances aériennes […] ». C’est vrai que le changement de majorité n’a pas conduit le nouveau ministre des transports, encarté au Parti Socialiste, à tenir tête à Aéroport De Paris et sa volonté d’accroître le flux de passagers (et donc les bénéfices de l’entreprise, qui licencie par ailleurs).

« […] on nous demande d’appliquer la réforme des rythmes scolaires qui coûtera au bas mot la bagatelle de 1,2 millions d’euros à la Ville. » Rappelons que M. ESNOL a voté le projet de loi sur la refondation de l’école les 24 mai et 25 juin 2013

« […] l’objectif d’obliger les communes à travailler dans des intercommunalités d’au moins deux cent mille habitants est irréaliste […]» Or M. ESNOL a voté en faveur du projet de loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles le 6 juin et le 7 octobre.

« Je ne peux pas non plus soutenir la politique fiscale menée actuellement par le gouvernement. » Sauf que cette politique fiscale a été votée par M. ESNOL. La discipline de parti l’aurait donc contraint tout ce temps à renoncer à ses convictions profondes. Mais après tout, comme il le concède lui-même: « Le parti socialiste est un parti de gouvernement qui oblige à une certaine retenue et à une attitude responsable », bref la définition d’un « parti d’apparatchiks » en quelques sortes…

« L’affaire Babyloup et son utilisation par les uns et les autres en est un exemple particulièrement marquant. » Il est vrai que M. ESNOL ne fut pas parmi les premiers à réagir sur cette affaire, il a attendu 48h.

On déplore par ailleurs que Philippe ESNOL ne s’en prenne pas au ministre du redressement productif pour son inaction pour tenter de sauver BONNA SABLA: cela aurait en réalité cruellement rappelé l’immobilisme de la municipalité qui aurait pu soutenir les salariés et exiger que Bercy intervienne dans ce dossier pour sauver l’un des derniers sites industriels de Conflans. Cohérent dans sa politique contre les salariés, Philippe ESNOL a voté la loi sur la « sécurisation de l’emploi » le 14 mai, véritable casse du droit du travail et de mise au pas des acquis sociaux obtenus par des décennies de lutte des travailleurs. Deux jours après ce scrutin, M. ESNOL votait contre le projet communiste de tarification unique du pass Navigo. Ironie de l’histoire: ce projet obtenait les voix du groupe RDSE du Sénat, dans lequel M. ESNOL va désormais siéger.

Rejoignant le PRG pour y trouver une ligne idéologique « à la fois plus claire et plus solide », Philippe ESNOL ferait bien d’appliquer d’ores et déjà ce dessein pour harmoniser ses votes en tant que législateur et son appréciation de leurs conséquences locales.

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